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pix:un de mes dessins

Voilà le premier jet d'une nouvelle que j'ai eu à écrire pour le français.
Je reviendrais sur cet article plus tard.

# Posté le mardi 06 novembre 2007 16:59

Modifié le mardi 06 novembre 2007 17:25

sommaire

sommaire
pix:photo de L'antique "pantin" anatomique que nous avons eu l'extrême joie de cotoyer en SVT

1:nouvelle
2:playlist e la nouvelle
3:vidéos de la playlist

# Posté le mardi 06 novembre 2007 17:14

Modifié le mardi 06 novembre 2007 17:27

point de chutte (a)

point de chutte (a)
pix:"ophélie" de John Everett Millais

Je me souviens...Oui je me souviens d'un lieu en particulier.Un morceau de campagne dans la ville,un carré de paradis dans la jungle urbaine froide,grise et stressante.Oui un lieu idyllique,qui,lorsque j'y repense a prit tant d'importance dans ma vie.De simple espace de jeu,il devint peu à peu pour moi un point de départ,un point de chute.C'était plus un terrain vague que Versailles mais je le voyais plus grand et plus beau encore.Entre deux vieilles maisons,je venais m'y réfugier parfois,dans le besoin d'échapper à cette foutue vie terrestre.De l'herbe,un arbre à moitié défroqué comme ils disent dans une chanson de Mickey 3D.Pour toutes fleurs des marguerites,quelques coquelicots au primtemps et à côté de ça de la boue et quelques déchets.De vieilles grilles en fer forgé un peu rouillé que j'escaladais facilement pour y accéder en gardaient l'entrée.Ce lieu n'était connu que par moi,je l'en avait fait mien.Des heures passées à lire,rêver,jouer puis peu à peu le sol s'était jonché de seringues et d'essence de vie,mon essence.Je ne rêvais plus,je planais.Je ne cherchais plus à m'évader,je n'étais plus là.C'est dans ce lieu si beau et si paisible que tout a commencé,le début de ma chute,le commencement de ma fin,la fuite déraisonnée de la réalité.Mais je n'ai pas de regrets,les morts n'en ont pas.Je peux seulement vous dire que l'on appréçie jamais autant la vie que lorsque l'on est redevenu poussière,c'est idiot...
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# Posté le mardi 06 novembre 2007 17:20

Modifié le mardi 06 novembre 2007 17:34

point de chutte (b)

point de chutte (b)
pix:un de mes dessins

Pour tout dire...Il y a 20 ans,je naquis,un doux matin de la toute fin de septembre,dans une petite clinique au bord d'un fleuve,dont il ne servirait à rien d'en préciser ici le nom.On me donna le nom d'Étienne,comme mon arrière grand-père,ce grand homme,paraît-il.
Tout allait bien,nous vivions,ma mère,mon père et moi,dans un bonheur immaculé,comme tout jeune couple heureux et leur premier enfant.J'entra à la maternelle où l'on me trouva tout de suite doué.Doué,je l'étais,il est vrai et même surdoué,selon les dires d'un médecin scolaire...J'étais un gosse normal,je jouais avec les autres enfants,je souriais,je riais souvent, innocent et encore insouciant.Mais,un sombre événement,tel un orage vrombissant,vint tacher cette optimisme naturel dont j'étais doté comme tout les gamins de mon âge.Mon père perdit son travail,il se mit à boire et tout s'enchaînât par la suite.Nous dûmes déménager de cette maison que j'aimais tant,avec son petit bout de jardin et cette balançoire,ma balançoire.
J'entra en primaire,mon père ne retrouvait pas de boulot,il commença à battre ma mère,puis ce fut mon tour,je n'avais pourtant rien fait de mal,il me semble.On me dispensa de l'année de CE1,je ne sais pas si ce fut une bonne idée,mais j'étais déjà si décalé par rapport aux autres enfants de mon âge que cela ne fit pas vraiment de différence pour moi.J'avais peu d'amis,je m'étais tant renfermé sur moi-même.Je dessinais tout le temps,on me mit à la guitare.J'eu de moins en moins envie de rentrer chez moi,où la situation se dégradait.Puis vint le collège,j'étais un brillant élève,on me remarquait peu,je faisais tout pour me rendre invisible.Je rencontra mon meilleur ami,Antoine,ça colla très vite entre nous car,orphelin,il n'avait pas non plus la vie facile,alors nous nous mîmes à tout partager,ça faisait du bien.Il avait deux ans de plus que moi,il me fit découvrir des tas de choses,l'alcool et la drogue surtout,je me mit alors à fumer,c'était stupide et je le savais, mais je me disais,inconsciemment,que de cette manière,je mourrais plus vite.Je me faisait l'impression de devenir comme mon père que je haïssais.Cela me dégoûtais,alors je continuais et m'enfonçais plus encore.Je devint vite dépendant à l'héroïne,suivit par Antoine.J'étais passé au Lycée,sans difficulté.Chez moi,où je faisais tout pour être le moins possible,tout ce détériora encore,les blessures se firent plus graves,les mots plus durs,les pleurs plus fréquents,les déchirures de mon âme plus profondes,mes envies d'expirer plus nettes.Cela ne pouvait plus durer...Il allait me tuer,je le sentais.J'avais de plus en plus de mal à cacher les coups reçut,j'avais si peur que l'on découvre ce qu'il me faisait.Il ne le voulait pas...Ce n'était pas exprès...C'était,c'était de ma faute!Mais qu'avais-je fait de mal,qu'avais-je fait pour mériter ça?Ce devint bientôt insoutenable pour moi,je ne voyais plus que deux solutions:s'en aller ou mourir.
Nous partîmes donc avec Antoine,le jour de mes quinze ans,de ce petit bout de terrain vague de mon enfance où nous avions au préalable passé la nuit.Le c½ur gros,empli d'espoir,en essayant de ne pas se retourner.Nous prîmes le train,fîmes du stop,marchâmes.Loin,loin...Nous arrivâmes en bord de mer.Nous ne l'avions jamais vu.Cela me bouleversa.L'horizon,le sentiment saisissant que jamais elle ne s'arrête,infinie;déchaînée, quelle puissance dégageait elle!Elle aurait pu m'engloutir tout entier!Je m'en rappelle comme si c'était hier,elle était d'un gris prenant et profond,magnifique, là, étendue devant moi,en pleine tempête,les vagues,gigantesques,impressionnantes,écrasantes,le vent,salé,chargé d'embruns,me fouettait le visage,m'emmêlait les cheveux,violent...C'est des expériences que l'on oublie pas.Nous longâmes donc la côte pendant quelques temps,et,pour la première fois de notre vie,nous nous sentîmes pleinement libres,étrange sensation,qui dissipa quelque peu nos soucis,les ombres de nos âmes pour nous emmener de ci,de là,partout,nulle part.Nous nous posâmes finalement dans une grande ville où,dit on,la vie est plus facile.Facile,ça l'a été,pour trouver ce que nous voulions du moins;de l'héroïne surtout bien sûr.Mais les premières nuit passées dehors furent dures.Cependant,je n'étais pas seul,cela m'a rendu les choses moins pénibles.Alors nous nous débrouillâmes pour trouver de quoi vivre.J'avais amené ma vieille guitare avec moi,et nous allions souvent jouer dans le métro.
C'est comme ça que nous fîmes la rencontre de Raphaël.Il été âgé de trois ans de plus qu'Antoine et était grand,brun,les yeux marrons,il devait faire des ravages auprès des filles.Il était musicien et cherchait à fonder son groupe,il nous a demandé si cela nous intéressait,comment aurions nous pu refuser?Depuis longtemps,je retranscrivait mes peines en paroles et notes,ce fut pour moi l'occasion de faire sortir tout ça.Je me mit donc à chanter,crier,murmurer,jouer.Nous arpentâmes quelque peu les petites salles de concert modestes,mais ce n'est pas cela qui suffit pour vivre.
Comme nous étions « sans-abris » (je le dit entre guillemets car,aussi étrange que cela puisse paraître,je ne me suis jamais considéré comme un SDF,estimant que la vie d'un « vrai SDF » devait être nettement plus dure que la mienne ne le fut en définitive),il nous invita à venir vivre chez lui,cela nous fit un soucis de moins,car le froid se faisait transperçant.C'était une vieille bicoque,la « baraque de ma grand-mère » comme il l'appelait.Sans électricité ni eau courante car,ne travaillant pas,l'argent lui faisait défaut pour les payer,en fait,il avait à peine de quoi manger.La peinture s'écaillait par endroits,le papier peint se détachait des murs,le toiture fuyait doucement,des taches d'humidité et de moisisure se formaient au plafond mais nous avions un toit.Il m'arrivait de repenser à ma vie « d'avant ».Il est vrai que certaines personnes me manquaient parfois et surtout ma famille,même,je m'en rend compte et cela me coûte de l'avouer,mon père.Mais jamais,au grand jamais,je n'eut la plus petite envie de revenir.Ici était ma vie désormais.Je m'y sentais mieux,bien que je ne fusse pas vraiment « heureux » car cela faisait bien longtemps que j'avais oublié la saveur du bonheur.Cela faisait tellement de temps que j'avais l'impression qu'il me manquait quelque chose,je croyais,en partant de là bas,la trouver mais je mourut sans.Quant aux bien matériels,ils n'avaient que peu d'importance à mes yeux,je ne possédait presque rien et ne regrettais pas les choses que j'eut possédées.Ce n'était pas pareil pour l'argent,O je ne parle pas de sommes folles,loin de moi fut toujours la cupidité,il m'était juste vital,indispensable pour acheter ce poison qui me dévorait lentement,chose que je percevais.Bientôt,ce que je tirais en faisant la manche ne suffit plus,et,ne voyant plus d'autres solutions,je me mit à faire le trottoir.Ce fut une des choses les plus difficiles...Je me sentis encore plus sale,répugnant.C'était à chaque fois comme un viol.Encore et encore,pour cette foutue drogue.Je me détruisait lentement mais sûrement,sombre déchéance...Je glissais davantage sur la pente de la vie,la pente de la mort...
Jusqu'à ce jour ensoleillé d'avril ou je périt,à vingt ans tout juste,recroquevillé au milieu de détritus; dans un coin sombre au fond d'une ruelle sale et sans issue.Mon agonie fut lente et solitaire,j'avais dépassé les bornes,ingurgité plus de « chevaux blancs » que mon corps n'avait pu en supporter.C'était dans la continuité des choses.Peu furent les gens qui me pleurèrent,je décéda pour ainsi dire presque anonymement.Cela ne dura pas.A la morgue,on me reconnu,il faut dire aussi que j'avais des yeux hors du commun,d'un vert intense et pur et que j'étais fiché comme personne disparue...Je vois encore ma mère écroulée de douleur devant mon cadavre.Ainsi j'échappa à la fosse commune...

Something in the way...

Je finit donc comme cela,quel gachit aurait pu penser les gens qui me connaissaient « avant ».Je fut pourtant intelligent,et même plus que la moyenne selon les dires.J'avais même sauté une classe,l'avenir s'ouvrait devant moi,radieux et plein de promesses merveilleuses.Un avenir seulement entr'aperçut et vite disparu car comment peut-on penser au futur lorsqu'on se trouve au fond d'un caniveau? Réduit à l'état de larve humaine,errant,sans but?

«Chaque jour vers l'enfer nous descendons d'un pas,
Sans horreur,à travers les ténèbres qui puent »
Charles Baudelaire

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# Posté le mardi 06 novembre 2007 17:24

Modifié le mercredi 07 novembre 2007 16:11